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Rapport sur les castors

 

LE CASTOR SUR LE TERRITOIRE DU PARC NATUREL DES DEUX OURTHES : ETAT DES LIEUX, IMPACTS ET SOLUTIONS POUR UNE COHABITATION HARMONIEUSE 1

 

1ère PARTIE      pndo - castor© fw.jpg

 

Après deux siècles d’absence, le castor est réapparu dans notre pays dans les années 90. Aujourd’hui, il est bien présent et la plupart des bassins versants sont complètement ou partiellement recolonisés.

Jusqu’à la fin du Moyen Age, le castor était présent dans toute l’Europe. Il a disparu dans la plupart des pays européens au 19ème siècle, principalement en raison de la chasse et de la destruction de ses habitats. La Belgique a d’ailleurs été un haut lieu de résidence du castor, comme en témoignent de nombreux toponymes : Beveren, Bièvre, Berwinne,... Au début des années 1980, un projet de réintroduction a abouti dans l'Eifel. Une première observation en zone frontière a permis de confirmer le retour du castor en Belgique en 1991. En 1997, des indices de sa présence ont apporté la preuve d'une installation durable de l'espèce. Peu après, plusieurs lâchers illégaux se sont succédé. Depuis lors, nous avons assisté à une dispersion des jeunes animaux en Wallonie, mais aussi en Flandre. En 2013, la population estimée en Wallonie dépassait le millier de castors, répartis en 310 territoires. Actuellement, l’espèce est présente sur le bassin de l’Ourthe, des plus petits cours d’eau jusqu’à sa confluence à Liège.

Le castor aménage son environnement de façon à satisfaire ses besoins. Dans certains cas, ces aménagements sont peu compatibles avec la destination souhaitée par le propriétaire ou l’exploitant du terrain. L’expansion du castor s’accompagne donc parfois de problèmes de cohabitation.

Le but de cette synthèse est de mieux faire connaître ce fascinant animal et de proposer des pistes visant à permettre une cohabitation harmonieuse. Un premier article va donc présenter l’espèce et ses caractéristiques, les éléments de législation et les principaux impacts de la présence du castor sur l’environnement naturel et humain. Un second article présentera ensuite les solutions à mettre en place lors de problème de cohabitation. Toute personne désireuse d’en savoir plus peut se référer à la publication récente du Service Public de Wallonie intitulée « Cohabiter avec le castor en Wallonie »1.

1 Pour en savoir plus : « Cohabiter avec le castor en Wallonie ».

Un peu d’écologie...

Avec une longueur moyenne de 110 à 120 cm à l’âge adulte pour un poids de 18 à 30 kg, le castor (Castor fiber) est le plus grand rongeur d’Europe. Animal principalement nocturne, il se déplace préférentiellement en nageant. Sur terre, il se déplace beaucoup plus difficilement et ne s’éloigne que rarement à plus de 30 m de la rive (90 % des prélèvements de végétaux sont situés dans les 10 premiers mètres de la berge). Le castor est un animal territorial. Il vit en unité familiale, composée des parents, des jeunes de l’année précédente (les « subadultes ») et des jeunes de l’année (les « castorins »). A chaque sortie d’hiver, les subadultes âgés de 2 ans sont chassés du territoire parental et partent à la recherche d’un nouveau site 

d’implantation. Le castor est inféodé aux cours d’eaux, tous gabarits confondus, avec une préférence pour les rivières à pente douce et d’une profondeur d’au moins 60 cm, lui permettant de s’immerger complètement. Sur les grands cours d’eau, il se limitera à faire tomber quelques arbres de rives. Sur les plus petits cours d’eau, il cherchera à recréer des surfaces d’eau libre. En effet, il a besoin d’accéder sous l’eau à l’entrée de sa hutte ou de son terrier afin de protéger sa progéniture des prédateurs potentiels. Pour ce faire, il peut construire des barrages d’une ampleur impressionnante. Le castor est exclusivement herbivore. Au printemps et en été, il se nourrit préférentiellement de plantes herbacées et aquatiques, ainsi que de feuilles (± 2 kg/jour). La consommation d’écorces est quant à elle surtout concentrée en automne et en hiver et est de l’ordre de 700 g/jour.

Législation

Le castor est une espèce strictement protégée dans toute l’Europe et par conséquent aussi en Wallonie. Il est notamment interdit de capturer, tuer ou perturber intentionnellement des castors, de détruire des sites de reproduction ou des habitats naturels, de détenir, transporter, vendre ou acheter des individus.

Lors de problèmes avérés de cohabitation, il est possible de déroger aux mesures de protection. La dérogation est cependant une mesure ultime, à n’envisager qu’après avoir mis en place des moyens de prévention qui se seraient avérés inefficaces.

Les dérogations peuvent concerner la destruction d’un barrage qui présenterait par exemple des risques d’inondation sur une voie de circulation ou dans une habitation, ou la capture avec le déplacement d’une famille de castors qui se serait installée dans un lieu particulièrement inadapté. La destruction d’un barrage est une opération qui devra cependant être répétée de nombreuses fois, étant donné l’obstination du castor à reconstruire rapidement son barrage.

La destruction de castors par le tir est à éviter en toutes circonstances. Il faut d’ailleurs noter qu’à l’instar du déplacement d’animaux, le tir d’individus n’apporte qu’une solution transitoire, les territoires devenus libres étant rapidement recolonisés par de nouveaux individus.

Précisons que le castor fait partie des espèces pour lesquelles des dommages causés peuvent faire l’objet d’une indemnisation, sous certaines conditions. Cette indemnisation ne concerne toutefois que les personnes qui ont un statut d’agriculteur, d’exploitant forestier, de pisciculteur ou d’horticulteur enregistré.

Principaux impacts de la présence du castor sur l’environnement naturel

Biodiversité. Le castor, de par ses activités, est très favorable à la biodiversité. Il constitue ce que l’on appelle une « espèce parapluie » en ce sens que sa présence et ses activités entraînent une amélioration des milieux favorables à une foule d’autres espèces animales et végétales, dont la diversité piscicole.

D’une part, en recréant des zones humides, il permet le redéploiement d’espèces de flore et de faune en forte régression dans nos régions : libellules, laîches, linaigrettes, joncs, insectes, grenouilles, tritons,... qui, à leur tour permettront à d’autres espèces de se nourrir : cigognes noires, busards, milans,... La richesse et

l’abondance des espèces spécifiques aux zones humides augmentent ainsi avec le temps, de même que la progression d’espèces devenues rares.

D’autre part, le castor contrôle le reboisement naturel des rives et des zones humides en milieu semi-naturel ; ce que nous devons souvent entreprendre lors de chantiers de gestion en zones humides, le castor va l’effectuer avec « bon coeur ».

Régulation hydrologique des cours d’eau. Les barrages installés par le castor diminuent la vitesse du courant, ce qui a pour effet de réduire l’érosion et de favoriser le dépôt de sédiments. Ils limitent également les variations de débit du cours d’eau et permettent un stockage d’eau qui peut s’avérer utile lors de périodes sèches.

Principaux impacts de la présence du castor sur l’environnement humain

Coupes d’arbres. Le castor abat des arbres pour satisfaire ses besoins alimentaires et de construction. Ces coupes constituent la grande majorité des désagréments. Elles sont en général limitées à moins de 30 mètres des cours d’eau.

Inondations. La construction de barrages entraîne la mise sous eau des zones adjacentes au cours d’eau, ce qui peut parfois entraîner un risque d’inondation. Des dégâts aux habitations, aux chemins d’accès, aux routes,... sont donc possibles. Par ailleurs, l’inondation prolongée de plantations forestières peut causer la mort des plants par asphyxie.

Détérioration des digues d’étangs. Des percements de digues ont parfois été observés lors d’installation d’un castor dans un étang, de même que le bouchage du dispositif de sortie d’eau de l’étang.

Dégâts agricoles. Des dégâts aux cultures de maïs, ont été recensés de façon limitée en bordure de cours d’eau. Ils n’ont en général qu’une incidence très localisée et sont sans commune mesure avec les dégâts occasionnés par les sangliers.

Redéploiement éco-touristique. Le castor est un animal qui bénéficie d’une grande sympathie de la part du public. Il peut donc représenter un ambassadeur de choix pour un éco-tourisme responsable dans notre région. L’autorisation de visite, le respect de la propriété privée et le respect de la quiétude des animaux sont cependant des aspects qui doivent être pris en compte par les organisateurs de visites de terrains.

A suivre dans votre prochain bulletin communal...                      pndo - logo parcnat foncé.jpg

 

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